A Nancy, quand le soleil se lève
Les rues sortent lentement de leurs rêves
Les enfants baillent d'un air absent
Et toute la ville s'éveille doucement.
A Nancy, dès le matin ça s'agite
Ça bouillonne comme dans une marmite
La ville devient une vraie fourmilière
Et chacun redevient coléoptère.
A Nancy, y a tout le temps du passage,
Des jeunes, des vieux, des gens de tous âges,
Chacun sa direction mais tous dans le même sens,
Celui de la vie qui donne à chacun sa chance.
A Nancy les gens se croisent sans savoir, sans se voir,
Et chacun pense que son histoire n'est pas leurs histoires
Ils foncent têtes baissées, se croyant solitaires,
Mais tous animés du même esprit grégaire.
A Nancy, y en a qui triment pour réussir,
Et d'autres qui prient pour mieux partir,
Qu'importe qu'ils prient pour Allah, Bouddha ou Jésus,
Ils prient surtout pour pas que le ciel leur tombe dessus.
A Nancy les boulangères servent de vigiles,
De leur comptoir, elles voient toute la ville,
Les coiffeuses font leur mise en plis,
Et refont le monde entre deux bigoudis.
A Nancy, y a des clodos pouilleux assis par terre,
Et des passants qui marchent en regardant en l'air,
Y en a même qui courent au marché,
Mais tous marchent vers leur destinée.
A Nancy, y a 300 jours de pluie,
C'est sûr si tu viens, amène ton parapluie,
Mais si tu ne crains ni l'eau, ni le froid,
C'est sûr qu'à Nancy tu te plairas.
A Nancy surtout, il y a des filles,
Mais une seule que jamais je n'oublie.
C'est sûr, si elle habitait ailleurs,
Nancy n'aurait pas la même saveur.
efpe (octobre 2008)


