parce qu'il est plus facile de vouloir changer que de s'accepter

parce qu'il est plus facile de vouloir changer que de s'accepter
Envies d'autres vies

Souvent j'aimerais ne pas être moi
Peu importe qui, mais surtout pas moi
Changer de peau, d'habits, changer en profondeur
Changer de rôle, de vie, changer jusqu'à mon c½ur

J'aimerais être ces vieux assis sur le quai
Et accrocher à mes lèvres le sourire niais
De ces gens qui ont su semer tous leurs soucis
Et ne pensent plus qu'à profiter de leur vie

J'aimerais être cet oiseau dans le ciel
Et ne pas avoir peur de se brûler les ailes
Ne pas connaître ni d'obstacle à ses envies
Ni d'autres couleurs que le bleu de la nuit

J'aimerais être l'enfant qui joue dans la cour
Et ne rien connaître des douleurs de l'amour
M'émerveiller devant chaque chose nouvelle
Comme devant ce bonhomme qu'on nomme Noël

J'aimerais être le soleil qui se lève le matin
Et avoir la certitude d'être encore là demain
N'avoir que la lune pour compagne éternelle
Et les étoiles pour allumer nos chandelles

J'aimerais être ce stylo dans ma main
Et que mes veines coulent sur un parchemin
Ne rien savoir de celui qui m'utilise
Avoir la conviction d'agir à ma guise

J'aimerais être aveugle et même sourd
Et être insensible aux sirènes et leurs atours
Être protéger de ce monde qui se tue
Et croire un instant que le bruit n'existe plus

J'aimerais être un « je t'aime » pris sur ton c½ur
Et d'un doux poison avoir le goût et l'odeur
Etre un extrait d'amour concentré en trois mots
Et tout pouvoir, le plus laid comme le plus beau

J'aimerais être un sourire qui court sur tes lèvres
Être cette drogue dont jamais on ne se sèvre
Eclipser le soleil en une apparition
De celles qui font rimer vie avec passion

J'aimerais être la dernière larme de cet homme
Et poser à ma vie comme un ultimatum
Quitter ou partir mais décider de la route
On ne peut avancer à rester dans le doute

J'aimerais être seul, j'aimerais être avec toi
Mais j'ai bien compris que je ne décide pas
J'aimerais être celui-ci, j'aimerais être celle-là
D'accord je ne suis que moi ... mais c'est déjà ça.
Efpe
(06/05/2009)
# Posté le samedi 09 mai 2009 09:08

s'envoler

Mam'selle Bulle avait un rêve un peu spécial...
Pour une bulle, quitter la Terre c'est peu banal...
Mam'selle Bulle...
Comme un funambule qui rêverait de s'envoler...
s'envoler
# Posté le mercredi 08 avril 2009 07:21

pensées du moment

pensées du moment
Ne vous fiez pas au paraître.
Grattez un peu sous l'écorce des apparences pour découvrir la vérité.
Peut-être serez-vous déçu, peut-être serez-vous surpris.
Qu'importe.
Au moins, vous saurez.
# Posté le samedi 04 avril 2009 07:37

un regard

un regard
Un jour, une femme



C'était une journée banale,
Rien d'attristant, que du normal,
C'était une journée banale,
Qui commençait avec le moral.

Ca peut paraître attristant
Mais ce n'est pas si fréquent,
De me dire qu'aujourd'hui
J'ai envie de vivre ma vie.

C'est comme si le soleil souriait,
Comme si le futur m'appelait,
Comme si quelque chose m'attendait,
Comme si quelqu'un m'espérait.

Même les oiseaux chantaient,
Même les gens souriaient,
Même moi je rêvais,
Même mes rêves étaient gais.

Mais il suffit d'un rien
Pour que le vent tourne soudain.
Il suffit de ton regard
Que j'ai croisé par hasard.

Au détour d'une rue,
Je te vois et je ne sais plus,
Ni qui je suis ni qui j'attends.
Rien ne compte, que le présent.

Même mon c½ur n'a plus battu,
Même le temps ne s'écoulait plus,
Même le soleil s'assombrit à ta vue,
Même si j'ai oublié qui je fus.


A-t-elle eu seulement conscience,
De moi, de mon existence ?
Qu'a-t-elle deviné de mon émoi,
Quand son regard s'est posé sur moi ?

Comme une gorgone splendide,
Qui transforme mon c½ur vide
En un bouquet d'espoirs et de rires
Que j'aurais aimé lui offrir.

Mais le temps s'écoule et nous emporte,
Ignorant que le bonheur frappait à ma porte,
Et je la regarde portant mes rêves s'éloigner,
Avec le sentiment d'un acte manqué.

Ce soir, je m'endors dans mes regrets,
Mon espoir s'est brûlé les ailes à jamais,
Seul reste le souvenir gravé,
De ton regard que j'ai croisé.

En fermant les paupières,
Je sens de nouveau cet air,
Qui caressait mon visage et le tien,
Qui fut si proche et maintenant si loin.



EFPE (15/03/09)
# Posté le samedi 28 mars 2009 07:57

le couple en CDI ou en CDD ? (lu dans Vosges Matin 8/02/09)

le couple en CDI ou en CDD ? (lu dans Vosges Matin 8/02/09)
« Cécile et Thomas viennent de se séparer. Tous deux âgés de 35 ans, en couple depuis 8 ans, ils sont parents d'un petit garçon de 5 ans et souhaitaient, selon leurs propres termes, « lui éviter tout traumatisme lié à cette séparation ». Ils sont sympathiques, enjoués, passionnés par leur travail et semblent d'accord sur tout. Mais alors pourquoi se séparent-ils ?!
Leur rencontre fut un véritable coup de foudre, suivi d'une intense passion passionnelle. Le petit Théo achève combler leur bonheur. Ils fondent avec lui une famille idéale, l'emmènent partout dans leur cercle d'amis, partagent équitablement les tâches de la vie quotidienne.

Et puis ? Et puis, « la vie reprendre le dessus ». Les câlins, les petites attentions se font plus rares. Oh, pas de crises bien sûr, mais un quotidien qui s'étire avec monotonie, les courses, le petit à aller chercher à l'école, ... Et l'angoisse que « ça soit cela, la vie : ce petit bonheur tiède et étriqué.»
Cécile a une aventure et avoue immédiatement cette infidélité à Thomas, car « il est hors de question de lui cacher quoi que ce soit ». Celui-ci reconnait, un peu penaud, s'être « laissé tenter » à une ou deux reprises ... Ils se confient leur désarroi, leur désir intense de vivre d'autres passions, d'autres rêves, d'autres voyages. Et c'est sans la moindre larme, sans la moindre dispute, mais dans la certitude de faire au mieux pour le bonheur de chacun qu'ils décident cette séparation.

Ce couple si tranquille m'a profondément troublé. Leur demande m'est apparue exemplaire d'un mouvement de fond, d'une logique de l'individualisme et de la poursuite éperdue du bonheur qui mène à l'impasse de l'obsession narcissique, de la gratification immédiate, du désir inquiet et perpétuellement inassouvi.
Ce qui me revient comme un leitmotiv dans les thérapies conjugales est cette exigence de liberté, cette injonction à être soir, ce rêve mythique d'un individu souverain, seul maître de son destin. L'amour a pris une dimension mystique. En transcendant les individus, la véritable passion doit ignorer la contrainte, la critique ou la transformation. Dans ce contexte, la représentation du contrat conjugal a complètement changé. En quelques années, nous sommes passés du CDI au CDD : l'idée même de la séparation fait partie du contrat initial comme une figure moderne du destin. Et l'injonction : « Ne restez pas ensemble pour les enfants, ils en souffriront plus tard » a largement été entendue. Jusqu'à quel point ? »
# Posté le samedi 21 février 2009 12:24